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Le texte explore le thème de la larve comme figure qui sert d’opérateur de sens dans la philosophie contemporaine. Il s’ouvre sur la devise de Descartes, « Larvatus prodeo », réinterprétée comme geste d’une avancée larvée. La larve est ici associée à une résistance aux formes finies et à la rigidité conceptuelle. J’analyse des figures de la larve dans les œuvres de Michaux, Deleuze et Simondon, montrant comment elles contestent les deux traditions philosophiques du cartésianisme et de l’hégélianisme. La larve évoque un état inachevé et une fluidité permanente, à travers des concepts comme la néoténie et la transduction. Une lecture politique est aussi proposée à travers le film Parasite de Bong Joon-ho, où la tactique des « larves sociales » lutte contre les dynamiques de pouvoir de la haute bourgeoisie. La larve est donc vue comme un outil de subversion pour déconstruire la logique unaire et identitaire.
Mots-clés : Larve — Cartésianisme — Hégélianisme — Deleuze — Simondon — Parasite
The text examines the concept of the larva as a metaphor and operative idea in contemporary philosophy. It begins with Descartes’ motto, “Larvatus prodeo”, interpreted as a gesture of advancing in a larval state. The larva is associated with resistance to fixed forms and conceptual rigidity. I then explore larval figures in the works of Michaux, Deleuze, and Simondon, demonstrating how they challenge the two philosophical traditions of Cartesianism and Hegelianism. The larva evokes an unfinished state and continuous fluidity, through concepts like neoteny and transduction. A political perspective is offered via Bong Joon-ho’s film Parasite, where the tactics of “social larvae” counter power dynamics of the upper-class. The larva is portrayed as a subversive tool to deconstruct unary and identity-based logic.
Keywords: Larva — Cartesianism — Hegelianism — Deleuze — Simondon — Parasite