Stables et artificielles – Les archives en ligne au prisme de l’œuvre de Hanne Darboven

Abstract

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Paru dans : Proteus n°17
Couverture

Cet article propose d’envisager les porosités entre le traitement artistique du temps historique par l’artiste Hanne Darboven (1941-2009) et le traitement informatisé des données d’archives. Il s’agit ainsi de ré-envisager la dimension esthétique des procédés de numérisation, et leurs incidences sur l’appréhension d’un ensemble documentaire. Dans un premier temps, l’article s’attache à montrer que la méthode d’indexation récurrente de Hanne Darboven, s’inscrivant dans la logique de l’artiste d’« écrire sans décrire », œuvre à détacher les dates de leur ancrage historique et de leur force descriptive. Ceci est est appréhendé à travers le concept de « mot d’ordre », tel qu’employé par Deleuze et Guattari. Ce détachement est ensuite mis en évidence dans les pratiques de numérisation d’archives, où la remise en question de modèles archivistiques classiques fait écho au déplacement des documents que produit Hanne Darboven. D’un côté comme de l’autre, ceci est permis par la reconsidération d’une matérialité, celle du temps pour Darboven, et celle des données et du code pour l’informatique.

Mots-clés : Art conceptuel — Humanités — Numériques — Calcul — Linguistique

 

This article considers the porosities between the artistic treatment of historical time by the artist Hanne Darboven (1941-2009) and the computerised processing of archive data. The aim is to rethink the aesthetic dimension of digitisation processes and their impact on the understanding of archival resources. First, the article seeks to show that Hanne Darboven’s recurrent method of indexing, keeping with the artist’s logic of “writing without describing”, works to detach the dates from their historical roots and their descriptive force. This is approached through the concept of “mot d’ordre”, as used by Deleuze and Guattari. This detachment is then highlighted in archival digitisation practices, where the questioning of classical archival models echoes the displacement of documents produced by Hanne Darboven. On both sides, this is made possible by the reconsideration of a materiality, that of time for Darboven, and that of data and code for computing.

Keywords: Conceptual Art — Digital Humanities — Calculus — Linguistics

Gabriele ČEPULYTĖ
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2021 | F