Le cinéma expressionniste allemand et la question de la « quantité intensive » chez Gilles Deleuze

Abstract

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Paru dans : Proteus n°0
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Si le cinéma expressionniste allemand présente un espace dramatisé, il renvoie également à la phobie de la mutabilité et à la thématique de l’indifférencié, mettant en danger nos certitudes quant à la réalité de ce qui définit un corps, une identité. Cette instabilité va de pair avec la perte de nos certitudes au sujet de la capacité classificatoire de la pensée. Philosophiquement, on peut envisager certaines conséquences, à l’instar de Gilles Deleuze qui se réfère à un usage (ou une image) de la pensée que l’on pourrait qualifier d’expressionniste. Il insiste sur la nécessité de penser le non-philosophique au sein de la philosophie elle-même par « des moyens peu avouables. Ce sont des moyens de l’ordre du rêve, de processus pathologiques, d’expériences ésotériques, d’ivresse ou d’excès. »

Mots-clés : Friedrich Murnau — Wilhelm Worringer — montage — spatialité — vitalisme

 

If the German expressionist cinema presents a dramatized space, it also plays with dysmorphophobia and undifferentiating, endangering our certainty towards a reality that defines a body, an identity. This instability is joined with the loss of our certainty towards the mind’s ability to classify. Philosophically, consequences of these issues can be thought along with Gilles Deleuze referring to a use (or image) of thought itself that can be qualified as expressionist. He insists upon the necessity to think the non-philosophical within philosophy itself, through “hardly admissible means. These means belong to the order of dreams, pathological processes, esoteric experiments, highness or excess.”

Keywords : Friedrich Murnau — Wilhelm Worringer — editing — spatiality — vitalism

Suzanne HÊME DE LACOTTE
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2016 | F