Présences et épreuves de l’archive à la scène – Ça ira (1) fin de Louis de Joël Pommerat

Abstract

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Paru dans : Proteus n°17
Couverture

Le processus de création de Ça ira (1) fin de Louis du metteur en scène Joël Pommerat/compagnie Louis Brouillard a accordé aux archives dites historiques une place ambivalente et conséquente que nous nous proposons d’explorer et de décrypter. Il s’agira de nous demander comment la plongée dans les archives historiques de la Révolution par la troupe et leur mise en examen au plateau, notamment par l’entremise de la dramaturge Marion Boudier et de l’historien Guillaume Mazeau, ont contribué à participer à la déconstruction du mythe révolutionnaire mais ont aussi épousé un phénomène de repolitisation des archives par la scène. Ce que l’étude du spectacle et de son processus de création permet de mettre au jour c’est que l’archive n’est pas seulement, pour le théâtre, un support pouvant se décliner en témoignages, récits d’historiens ou comptes rendus d’Assemblées permettant de garantir (à supposer qu’on le puisse) l’exactitude historique d’un événement. Elle ne sert pas non plus un théâtre militant. Elle est aussi le lieu d’une recherche esthétique et d’un nouveau savoir investi par l’ensemble des membres d’une compagnie et subjectivé dans l’intime des comédiens.

Mots-clés : Archives — Désarchivement — Révolution — Joël Pommerat

 

In the process of creating Ça ira (1) fin de Louis, director Joël Pommerat / Louis Brouillard company has given so-called historical archives an ambivalent and consistent place that we propose to explore and decipher. It will be a question of asking how delving into the historical archives of the Revolution by the troupe and their examination on the set, in particular by the playwright Marion Boudier and the historian Guillaume Mazeau, contributed to the deconstruction of the revolutionary myth but also embraced a phenomenon of repoliticization of archives by the stage. What the study of the spectacle and of its creative process allows to bring to light is that the archive is not only in the theater a support which can be declined in testimonies, accounts of historians or reports of Assemblies to ensure (assuming that we can) the historical accuracy of an event. It also does not serve as a militant theater. Rather, it is the place of aesthetic research and new knowledge invested by all the members of a company and a subject in the privacy of the actors.

Keywords: Archives — Unarchive — Revolution — Joël Pommerat

Aliénor FERNANDEZ
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2021 | F