Greenwashing et greenbashing. L’art écologique à l’épreuve de son mode de financement

Abstract

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Paru dans : Proteus n°13
Couverture

L’impact du financement de l’art écologique sur ses formes et dimensions critiques est analysable à partir d’exemples historiques, depuis son émergence à la fin des années 1960 jusqu’aux œuvres les plus récentes – notamment celles produites dans le cadre de la COP 21. Alors que certains artistes empruntent aux codes activistes, Robert Smithson, l’un des pionniers controversé du thème, s’engage dès l’année 1971 dans la réhabilitation de sites miniers. Il s’appuie sur ce marché à la faveur d’une loi qui contraint les entreprises à dépolluer les sols. Ce mode de financement entrepreneurial l’incite à opérer un revirement plastique stratégique en même temps qu’il lui impose le respect d’un lourd cahier des charges. La prise en charge du thème par des financements publics ou institutionnels a-t-elle un impact sur la forme et la dimension critique de l’art écologique ? Dans l’affirmative, elle pourrait être envisagée comme un outil d’appréciation critique des propositions formulées par ses acteurs.

Mots-clés : art écologique — Robert Smithon — commande publique — COP 21

 

This article analyzes the impact of funding on ecological art, both from a formal perspective as well as its critical dimensions. A number of historical examples are discussed, from the origins of this movement in the 1960s to more recent works, particularly those produced for the COP 21. Some artists knowingly use activist codes, while Robert Smithson, one of the controversial pioneers of this type of work, began in 1971 to rehabilitate former mining sites. His work was made possible by a law that required companies to decontaminate their land. By financing his work in this entrepreneurial way, Smithson was led to strategically shift his aesthetics while at the same time being forced to respect detailed regulations. Has funding from public or institutional bodies for this type of art had an impact on the form and/or critical dimensions of ecological art? This article argues for the affirmative, and contends that this funding can be seen as an expression of critical appreciation for the work created by these artists.

Keywords: ecological art — Robert Smithon — public procurement — COP 21

Isabelle HERMANN
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2018 | F