Entre l’industrie de l’Internet et la solitude des graffitis

Abstract

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Paru dans : Proteus n°5
Couverture

Nous distinguons érotisme et pornographie par leur degré d’intensité, leur apparence, leur finalité. L’érotisme suscite le désir par un rapport sexuel symbolisé quand la pornographie exhibe différentes combinaisons d’actes sexuels à des fins marchandes. Le spectateur est un voyeur, faute de participer, cherchant à dépasser le point aveugle du rapport sexuel. Nous ne parlerons pas d’obscène, supposant un jugement de valeur péjoratif, mais d’ostensible : ce qui est produit à la vue. Les images pornographiques ne cachent rien de la sexualité, donc mettent au jour tout ce qui est naturellement en réserve. Nous recontextualiserons la pornographie dans le temps long, comme satisfaction d’un désir de voyeurisme intégral et universel. D’où un dispositif de grandes échelles que seule l’industrie peut gérer, dont l’industrie de l’image sur Internet. L’image porno répond ainsi à une curiosité. Ce couple ostentation/curiosité forme ce qu’on nomme un désir d’évidence et de connaissance par l’effort symétrique de clarté intégrale ou, inversement, par le refus de toute part d’ombre au nom de la pure apparence.

Mots-clés : érotisme — voyeurisme — dispositif — industrie de l’image — spectateur — sexualité

 

Distinction between eroticism and pornography is usually made according to intensity, obviousness and finality matters. Eroticism is teasing desire by a symbolised sexual relationship whereas pornography shows explicit arrangements of sexual intercourse for commercial purposes. The spectator is just a peeping tom, and not a performer, looking for an absolute sight of the sexual intercourse. We won’t use the word obscene, indicating a pejorative judgment of value, but instead will speak of obviousness: what is unashamedly shown. Pornographic images display openly sexual exposure, without any moderation. We’ll study pornography in a historical context, as the satisfaction of a desire for a global and holistic voyeurism. So this implies a plan of action on a large scale, that only the industry can manage, including the picture industry of the Web. This way, pornographic images satisfy an inclination to curiosity. This pair of notions, ostentation/curiosity, forms up what we call a desire for obviousness and knowledge through the well-balanced effort of throwing the light, or denying any shadow, in the name of pure evidence.

Keywords : eroticism — voyeurism — video industry — spectator — sexuality

Christophe GENIN
Directeur de publication : Bruno Trentini | Parution 2 fois par an | ISSN 2110-557X | © PROTEUS, 2016 | F